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Immigration: la chute d’une illusion

Le mouvement continue: la ministre responsable de l’immigration du Québec, Diane de Courcy, membre du parti québecois (souverainiste), a déposé cette semaine un projet de loi reformulant les conditions de l’immigration dans la province.

 

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La procédure proposée est la suivante:

«Les candidats (à l’immigration) rempliraient une fiche. Elle renseignerait Québec sur leur âge, leur maîtrise du français, leur formation et leur expérience professionnelle. Les candidats seraient classés par «ordre de priorité». On contacterait ceux qui sont les mieux adaptés aux besoins du marché du travail.»

L’Australie et la Nouvelle-Zélande disposent déjà de lois analogues. Par ailleurs le contrôle des migrations est un peu partout à l’ordre du jour. En 2012 la Grèce édifiait un mur de 12,5 km le long de sa frontière avec la Turquie, pour freiner le passage de centaines de milliers de migrants clandestins. Aujourd’hui la Bulgarie est devenue le pays de destination des migrations illégales. Y entrent en particulier des réfugiés syriens.

La question migratoire explose soudain au grand jour. Elle avait été étouffée dans de nombreux pays, reléguée au rang de hochet démagogique et populiste. La stigmatisation a été la principale posture de la gauche et d’une partie de la droite pendant des décennies. Mais ce n’est pas en cachant un problème qu’on le résout. La votation suisse du 9 février sur l'immigration de masse semble avoir été un détonateur pour l’Europe. Elle est d'une grande portée symbolique et psychologique, que l'on soit d'accord ou non avec son résultat. L’explosion est d’autant plus forte que le tabou était scellé dans un discours diabolisant, invoquant pêle-mêle l’humanisme, la xénophobie, le progrès, les réactionnaires, et jusqu’au fascisme, sans plus d’analyse non-émotionnelle ou sans préjugés politiques. Les préjugés politiques ont été utilisés justement pour étouffer la réflexion libre, et l’émotion pour faire passer l’idéologie de quelques-uns, profiteurs moraux ou idéalistes naïfs, au nom d’un «coeur» qui transpirait la culpabilité occidentale par tous ses muscles.

Aujourd’hui certains commentateurs abonnés au mot «nauséabond» reconnaissent que laimmigration,différence,frontière,québec,diaboliser,progrès,réactionnaire,coeur,europe,suisse,votation,droite,gauche,souverainisme,grèce,syrie,mur,nauséabond,illusion,fraternité,christianisme,ferrat,nationalisme,fascisme,nazisme,bertez,paradigme,genre, question n’est pas simpliste, même s’ils nourrissent encore un manichéisme dépassé. Par exemple le journaliste Jean-Noël Cuénod dit, parlant des frontières: «Or, elles restent un élément indispensable pour structurer les populations ; elles vont évoluer mais leur disparition n’est pas à l’ordre du jour. Même les nomades ont besoin de cet élément structurant.»



La fin d’une illusion

L’on doit accepter la virulence de la réaction actuelle autour de l'immigration et des nombreuses questions qui y sont rattachées, en regard de l’immensité de l’illusion qui tombe. L’illusion d’un monde sans frontières, fraternel, uni vers ce qui rapproche plus que vers ce qui distancie. L’idéal chrétien, en fait (mais l’idéal chrétien ne peut se réaliser sans un référent au-dessus des humains, sans quoi il n’est encore une fois que rapport de forces ou auto-suggestion), idéal repris par la gauche et une partie de la droite sans invoquer son origine. C’est ainsi que Jean Ferrat chantait:

«Nous ne voulons plus de guerre
Nous ne voulons plus de sang
Halte aux armes nucléaires
Halte à la course au néant
Devant tous les peuples frères
Qui s'en porteront garants
Déclarons la paix sur terre
Unilatéralement»

Ce devait être le progrès, incarné entre autres par l’abolition des frontières et la fin du nationalisme belliqueux. On a oublié que l’internationalisme a été belliqueux lui aussi. Face à ce progrès, dont l’idéologie s’est imposée pendant une longue séquence du XXe siècle, les tenants de la différenciation des identités ont été cloués au pilori comme réactionnaires, ce qui en fait les «mauvais» humains, ceux qui sont dans l’erreur involontairement ou qui veulent délibérément entraver la marche irrésistible du progrès.

La parole cependant se libère. D’aucuns diront que cette parole a un goût des années 1930. Ce qui est parfaitement excessif et inapproprié. Si en Bulgarie un parti nationaliste a recueilli 9% des voix et participe au gouvernement socialiste (!) de coalition, c’est parce que les questions n’ont pas été traitées de manière correcte en amont. Rappelons-nous comment l’Allemagne a été humiliée à la fin de la première guerre mondiale, la France allant jusqu’à...

 

(suite)

 

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