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Ségolène Royal: la stratégie de Caliméro

Ségolène Royal revient sur son échec aux législatives à La Rochelle. Pour elle, et selon le Figaro de ce jour, c’est «une injustice. Un crash. Un accident de parcours. Je ne mérite pas ça.» Un tel discours, le choix des mots, valent bien un petit décorticage.

 

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1. Une injustice: elle fait probablement référence au fait que le candidat Falorni se soit maintenu alors qu’elle avait reçu l’investiture du parti. En effet dans un même parti on ne devrait pas se faire de concurrence. Les règles de discipline sont faites pour éviter la dispersion des voix et l’échec d’un mouvement politique.

Mais en l’occurrence le candidat «dissident» était très implanté localement alors que Ségolène Royal était parachutée. Et les électeurs, y compris une partie de la droite locale, ont choisi leur élu démocratiquement: il n’y a rien à redire à cela. Son échec ne peut alors être considéré comme une injustice. Elle devrait se demander pourquoi elle n’a pas su fédérer sur son nom.


2. Un crash: le mot est fort, très fort. L’usage d’un tel mot est rare en politique. Elle ne serait donc que victime d’un missile ou d’un attentat terroriste politique.

A moins qu’elle n’ait commis une faute de pilotage?


3. Accident de parcours: ce n’est pas le premier. Elle devrait commencer à s’y habituer.

A moins que ce ne soit une erreur de stratégie? J’y reviens plus loin.


4. Je ne mérite pas ça: personne ne mérite de perdre, d’avoir un crash, de subir une injustice. Mais cela arrive. Elle devrait tenter d’en faire un combat à défaut d’effacer sa rancoeur ou d'arriver à guérir sa blessure narcissique. Elle exprime son désir de revanche en une phrase de l’interview: «Je sais que le temps de la réhabilitation viendra.» Mais qui élira une personnalité politique seulement pour l’aider à prendre une revanche personnelle?

Ce qui lui manque le plus c’est la dignité. Etaler son impuissance depuis des mois dans la presse ne la grandit pas. C’est au mieux un chantage affectif envers les français: «Je ne mérite pas ça, vous m’avez donc trahie». Dit autrement, celle qui pensait être l’amante de la France est cocue. Elle le dit sans panache. Et ne le digère pas. On comprend: ce n’est ni agréable ni valorisant. Personne ne mérite d’être cocu. Etre victime en atténue le déshonneur et exonère de sa propre responsabilité.

Elle ajoute dans l’interview: «Subir une humiliation comme cela, sous plusieurs angles, c’est violent. Ça reste un double choc.» Référence au tweet de Vava, sa rivale victorieuse, et en arrière-plan de ce qui reste pour elle un douloureux échec personnel.

Elle règle encore ses comptes. Sans respect pour son ex devenu président. La critique contre lui est implicite mais inévitable. Il n’aurait pas dû la tromper, pas avec elle, pas la quitter, il aurait dû la soutenir plus fortement en 2007, et à la Rochelle. C’est une affaire de cocufiage. Mais les français veulent-ils élire quelqu’un seulement pour l’aider à se dédouaner d’avoir été cocu et pour arbitrer un combat de marâtres?


La stratégie de Caliméro
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Se présenter en victime est une forme de déni de sa souffrance. Car ce dont elle parle n’est pas la souffrance racine, celle d’avoir été abandonnée, trahie, trompée, lâchée, pour quoi j’ai de la compassion. C’est une souffrance substitutive.


Suite ici.

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