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Traitée de salope dans la rue, elle filme

Sofie Peeters, en a eu assez de se faire traiter de salope et de chienne dans les rues de Bruxelles. Elle en a fait un petit film, travail de fin d’études. C’est une histoire belge. Une histoire qui fait la une des médias en Belgique.

sofie peeters,bruxelles,salope,injure,machisme,sexisme,maghrébin,populaire,Sofie Peeters a déménagé. Elle s’est installée dans un quartier populaire de la capitale. Populaire... Le peuple, c’est lui le problème. Le peuple est moche, vulgaire, injurieux. Le peuplée devrait être interdit. Dire qu’il y en a qui rêvent de lui donner le pouvoir. Sûrement des fils de bourges qui se sentent coupables de n’avoir jamais craché au sol.

«Des regards appuyés, des sifflements, des propositions irrespectueuses, des insultes. Quand elle a déménagé dans un quartier populaire de Bruxelles, ces incivilités sont devenues le quotidien de Sofie Peeters, étudiante en dernière année de cinéma.»


Donc elle conçoit un système de caméra cachée et elle filme ce qui se passe quand elle passe dans la rue. Et ce n’est pas triste. «Salope, chienne» et autres «Tu viens chez moi» ponctuent ses journées de manière répétée et insistante.

L’extrait de son film est édifiant. Si c’est vrai, c’est moche de chez moche. Ez je n’ai pas de raison de douter de la véracité de ce qu’elle dit et montre. Mais, quand-même, cela me pose question.

D’une part j’habite dans un quartier qui n’est la la banlieue crade mais qui n’est pas non plus huppé. Certains trouvent qu’entre les agressions, les cambriolages et les dealers c’est un peu la zone. Et bien, j’y ai vécu avec une compagne d’une grande beauté et pas spécialement habillée en none: jamais, même quand elle y passait seule, jamais elle n’a été injuriée. Quels regards, une ou deux invitations à boire un verre, sans plus, sans insistance répréhensible. Je suis surpris du décalage entre deux villes.

Il se trouve que le quartier populaire où elle s’est installée est composé de nombreux maghrébins et que la majorité des séquences en proviennent. Certains la soupçonnent de racisme. Elle s’en défend.

«C'était une l'une de mes grandes craintes, comment traiter de cette thématique sans tourner un film raciste? Car c'est une réalité: quand on se promène à Bruxelles, 9 fois sur 10, ces insultes sont proférées par un allochtone (un étranger, ndlr.) Mais ces personnes ne sont pas représentatives de toute la communauté maghrébine.»

N’empêche... Je trouve regrettable que, dans la séquence ci-dessous, certains des insultes soient proférées hors champ: on ne voit pas la personne qui les dit. Le fond sonore en particulier sur les mots «Chienne, salope», est assez différent du reste. Il y a comme une résonance. Alors: info ou intox? Réalité ou fabrication? Qui a vérifié la réalité des séquences? Pour la vérité documentaire, il aurait fallu deux ou trois témoins, et deux autres caméras filmant de loin avec de puissants micros.

Peut-être est-ce vrai. Mais les images brutes ne sont pas une garantie.





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