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Père absent: la souffrance des filles

Les raisons et conséquences de l’absence d’un père dans l’éducation intellectuelle, morale et affective de ses enfants sont multiples. Voici quelques pistes. Ce sont des généralités certes, qu’il faut ajuster selon les cas, mais qui proposent une réflexion pour les parents.

295609941.jpgQuelques raisons de l'absence


Des pères n’ont pas conscience de la responsabilité qu’implique la paternité, et se mettent eux-mêmes hors-jeu, voire abandonnent famille et enfants. D’autres acceptent que traditionnellement les mères principalement ont été éducatrices, leur laissant l’initiative dans ce domaine. D’autres se sentent peu compétents pour savoir que faire avec leurs enfants. D’autres sont dépressifs, alcooliques ou autre, et ne s’investissent pas dans la relation avec leurs enfants; même présents ils sont comme absents. D’autres sont évacués par la mère ou par certains enfants. D’autres aussi sont mis sur la touche par les décisions de justice dans lesquelles le père n’est qu’un payeur-pourvoyeur et non un éducateur à part entière.


Relation père fille: fondamentale

On parle souvent de l’importance de la relation père-fils. Elle devient souvent prioritaire à l’adolescence, comme au même âge le devient la relation mère-fille. Mais on aurait tort de sous-estimer les liens entre un père et sa fille, depuis la naissance et dans toute l’enfance pré-adolescente.

De nombreuses discussions que j'ai eues avec des pères, des mères et surtout des filles montrent que le manque du père génère une souffrance qui se manifeste de différentes manières.


Relation au père, relation à l’homme

A travers son père, une fille découvre ce qu’est un homme, comment il fonctionne. Elle apprend à gérer la force masculine, à l’apprivoiser, l’amadouer, la confronter parfois. Elle apprend à le relativiser, à savoir qu'il a ses failles et que ce n'est pas grave. Dans le désaccord ou la confrontation elle apprend à poser ses limites, à dire oui ou non.

La fille, qui a construit une partie de son intériorité dans la fusion maternelle initiale protectrice, acquière avec son père la possibilité de mettre sa personnalité en jeu dans le social, à s’extérioriser, à prendre place dans le monde. Elle saura peut-être, grâce à cela, se positionner clairement dans ses relations affectives, amicales et professionnelles.

Grâce au père, et dans de bonnes conditions bien sûr, les filles apprennent à construire peu à peu une relation homme-femme de partenariat, de reconnaissance mutuelle et donc d'égalité de valeur.


La souffrance des filles

La fille dont le père a été absent pour quelque raison, sera en manque de cette affectivité dynamique, constructive et stimulante dont elle a besoin pour grandir. Elle saura moins se positionner dans l’affectivité, sera moins autonome et plus dépendante. Elle cherchera parfois longtemps un homme qui soit aussi son père symboliquement, biaisant la relation amoureuse dès son début. Car une fois devenue adulte affectivement, ce qui adviendra parfois grâce à son couple, elle rompra souvent comme elle aurait rompu le lien filial pour prendre sa vie en main.

L’absence du père nourrit l’attente du Prince Charmant, dont on sait qu’il est un leurre. La fille n’aura pas pu apprendre à relativiser le père, à être en désaccord, voire à être déçue - ce qui est indispensable pour se construire sur ses propres bases. Si elle reconduit cette attente dans le couple, la déception inévitable ne sera pas un facteur de croissance mais d’échec du couple vécu comme un échec personnel, avec ce que cela suppose de perte d’estime de soi et de culpabilité.

Les filles sans père rêvent leur vie, mais n’ont pas eu de modèle pour trouver comment réaliser leurs rêves.

Les filles sans père pleurent souvent tout bas, même quand elles sourient. Elles rêvent de quelque chose qu’elles n’ont pas eu, et qu’elle ne savent pas où retrouver. Car jamais un mari ou un compagnon ne pourra leur apporter cette force initiale du père.

Ce n’est pas son rôle, ce n'est pas son temps.

Commentaires

  • salut.
    je viens de lire cet article et il m'a touché. Touché pourquoi? Parce que je me suis reconnue tout simplement. Mon père a toujours été là avec moi, mais plus physiquement qu'autre chose... Il a toujours dit que la seule relation qu'il devait avoir avec ses enfants était par rapport aux études, sinon, il voulait rien savoir.
    Sa relation avec ma mère n'était pas mieux, je me souviens encore de la fois où ils se sont dit qu'ils allaient divorcer... ce qui n'est jamais arrivé, mais dès que la parole a été prononcé, j'ai toujours eu l'impression qu'ils restaient ensemble seulement pour nous, moi et mon frère.
    Mon frère quant à lui a toujours essayé d'être proche avec mes parents, chose que j'ai jamais essayé du à une relation différente.. en fait, mes parents avaient exercé une forte éducation à mon égard plus jeune. si j'avais une mauvaise note, alors pas de télé, ni de bonbons, etc... les insultes et les coups étaient plus nombreux chez moi que chez mon frère. pourquoi? parce qu'à l'age de 11 ans, je me suis enfuie de chez moi parce que ce jour là, ma mère avait usé d'une ceinture pour me frapper...donc pendant 3 jours, j'étais logé chez une famille d'acceuil. je n'oublierai jamais la satisfaction que j'ai ressenti les quelques soirs lorsque je dormais chez ces étrangers qui m'ont acceuillé à bras ouverts... dès lors, ils (mes parents) ont changé leurs facon de faire avec mon frère et moi. le seul regret que j'ai eu de cette aventure, c'est d'avoir raté l'anniversaire de mon frère, sinon, je suis presque fière de moi parce que mon frère n'a pas eu à vivre le calvaire que j'ai vécu...
    donc pour revenir à lui, il a toujours essayé de dire des "je t'aime" à mon pere et même à ma mère, mais ces derniers ne répondaient jamais à ces paroles qui ne se font plus entendre à présent.
    je sais que mon pere m'aime, mais je le sais seulement parce qu'un père aime sa fille. mais jamais il ne me l'a dit... à part une fois dans une bagarre en disant qu'il aimait ses enfants, j'avais voulu lui dire qu'il était trop tard maintenant, trop tard pour me faire oublier tout ce que j'ai subi avec lui et ma mère. mais je continu de me taire, ca ne servirai à rien de lui dire tout cela. mais en silence, j'y pense sans arret. je suis jalouse de ces enfants qui se font prendre dans leur bras, je suis jalouse des jeunes femmes de mon age qui ont la chance d'avoir une famille plus affectieuse, je suis jalouse des autres familles...
    la seule chose que je sais, c'est que mes enfants à moi... je les inonderai de calins, de bisoux et de "je t'aime" jusqu'à en être plus capable... ils ne seront pas la chance qu'ils auront...

  • Bonjour Krista,

    Merci pour ce commentaire très touchant. Pas facile de grandir dans ces conditions. Le passé ne se refait pas. Mais comme vous le dites on peut changer le présent, changer avec ses propres enfants. Et inciter son partenaire à s'exprimer aussi, à s'ouvrir.

    Bonne chance, bonne route!

  • Bonjour,
    J'ai 37 ans et je souffre toujours de cette absence, m'a t-il aimé une seule fois, pense t-il à moi de temps en temps, quel sentiment ressent il pour moi ?que de questions sans réponse ...
    Et ma vie amoureuse est complètement anéantie par tout ça.
    Je suis fille d'une infidélité, je n'ai appris qu'à 10 ans l'existence de mon père géniteur qui se trouve être mon oncle par alliance, qui est mariée à la soeur de ma mère et qui a 5 enfants bien choyés dans les DOM-TOM.
    Je vis en Métropole et j'ai été reconnue par mon beau père depuis mes 6 ans, mais jamais d'affection de tendresse, j'ai 2 frères et une soeur qui sont mes demi-frères et soeurs avec qui je m'entends très bien.
    Il est entré dans ma vie à l'âge de 10 ans tout simplement en m'annonçant qui il était, ma mère à ce moment là l'a démenti. Après cela tout a basculé pour moi, je préfèrais encore quand je n'avais pas de père, et il est repartit aussi vite qu'il était arrivé (séjour de 3 semaines dans la famille, j'étais soit disant sa nièce; car sa femme de connait pas mon existence - et oui c'est compliqué-).
    Et puis à 14 ans, un coup de fil , c'est moi ton père... là ma mère m'a enfin avoué son histoir : elle travaillait chez eux comme femme de ménage et ils sont tombés amoureux mais n'a pas pu quitter sa femme car il avait ses enfants et que c'était une honte dans la famille.
    A 19 ans, je suis repartie vivre dans les DOM TOM, là où j'ai rencontré le père de ma fille et après 10 ans de vie commune je l'ai quitté(insatisfaction, pas à la hauteur pour moi).
    Je suis revenue vivre en Métropole et j'ai rencontré un autre homme qui m'a quitté au bout de 5 ans de vie commune; et oui je lui menait une vie d'enfer.
    J'ai revu mon père 3 ou 4 fois toujours pendant leur vacances en tant tant qu'oncle et tante avec leurs enfants, c'était tellement indélicat que je ne savais comment m'y prendre avec lui, j'y croyais à chaque fois que je le voyais, j'ai enfin retrouvé le père qui me manquait tant ; et en fait je me suis aperçue qu'il voulait se rapprocher de moi pour être plus proche de ma mère, car il voulait encore la courtiser.
    Depuis j'ai coupé les ponts, enfin je ne réponds plus à ces appels qui d'ailleurs n'existent plus car ma mère a refusé ses avances, mais je n'arrive toujours pas à avancer.
    Je suis actuellement avec quelqu'un et j'ai peur de reproduire le même schéma qu'avec mes 2 autres ex, je l'aime et en même temps je suis insupportable, je recherche le conflit, comme si je n'arriavais pas à trouver un père à la hauteur.
    Je ne sais comment m'y prendre, heureusement j'ai une fille que j'adore et un travail passionnant cela me permet d'avancer mais parfois trou noir, je déprime totalement pour quelqu'un qui n'en a rien à faire de moi.
    Bon je vais arrêter là, j'espère ne pas vous avoir saoulé avec mes histoires. A bientôt. Sophie

  • Hello Sophie, je vous ai lu sans être saoûlé, rassuré vous. Ca me fait penser à d'autres expériences personnelle, expériences de l'attente où rien ne vient. Trop rêveur? Trop d'attentes? Attentes légitimes ou déraisonnables? Je n'ai pas de réponse, chacun fait son chemin avec ce qui lui semble juste.

    Il y a un truc, ça marche ou non, mais ça vaut peut-être la peine: donner autour de soi l'attention et la bienveillance que l'on attendait. Pas simple car il faut inventer le modèle et parfois devenir sourd au bruit de notre attente.

    Votre message m'inspire beaucoup d'images mais ce soir je n'ai pas les mots pour mettre dessus. Si cela vient je reviendrai vous en parler.

    Merci pour votre message.

  • Merci pour votre réponse, en fait c'est la première fois que j'ose en parler à quelqu'un, peut être que c'est ça la clé, car je ne sais pas mais c'est comme si j'avais un poids en moins. Merci de m'avoir écouter, mais c'est votre message qui m'a inspiré.
    A bientôt
    Sophie

  • Merci pour votre réponse, en fait c'est la première fois que j'ose en parler à quelqu'un, peut être que c'est ça la clé, car je ne sais pas mais c'est comme si j'avais un poids en moins. Merci de m'avoir écouter, mais c'est votre message qui m'a inspiré.
    A bientôt
    Sophie

  • Sophie, il faudrait que beaucoup de paroles comme la vôtre s'expriment, et que les pères qui n'ont pas compris leur importance entendent ces paroles. Peut-être un jour, au-delà de votre analyse, de vos manques légitimes, de ses légèretés, pourrez-vous quand-même vous réconciliez avec lui.

    Ou au moins avec vous-même, et accepter que l'on n'a pas tout de l'autre...

    Votre situation a dû être particulièrement frustrante et déconcertante: que de signes absents, de situation manquant de clarté. Moi j'essaie (sans y parvenir toujours, loin de là) à construire en moi ce que j'aurais souhaité recevoir.

  • Merci pour votre réponse, en fait c'est la première fois que j'ose en parler à quelqu'un, peut être que c'est ça la clé, car je ne sais pas mais c'est comme si j'avais un poids en moins. Merci de m'avoir écouter, mais c'est votre message qui m'a inspiré.
    A bientôt
    Sophie

  • Désolé pour la succession de messages mais je ne bénéficie pas d'une bonne connection et j'ai cru que mon message n'était pas transmis.
    Sophie

  • Pas de soucis, cela arrive.

    Bien à vous.

  • Je lis avec attention ce texte. Mon père était alcoolique (il est mort il y a 9 ans). Je ne sais tjrs pas auj. s'il m'aimait ou pas. Il ne me l'a jamais dit. je sais qu'il voulait un garçon comme 1er enfant.. malheureusement c'était moi.. Donc j'ai tenté par tous les moyens de ressembler à un garçon, je me suis intéressée à la boxe, foot, cyclisme, je jouais au foot avec les garçons.. Le look était qd même féminin mais avec un caractère de mec..
    Je ne le le voyais pas bcp car à mes 3 mois, mes parents m'ont placé chez mes gd parents pour ne jamais me reprendre. j'ai par contre une soeur de 9 ans plus jeune qui elle, est restée avec mes parents.
    Mon père était alcoolique, trompait ma mère devant les enfants, était vulgaire et irrespectueux. Il était violent quand il avait bu.

    Auj. pq je dis cela, parce que je me tape des hommes comme mon père, probablement à la recherche de ce que je n'ai pas eu et mon corps en souffre terriblement.
    Je voudrais sortir de ce schéma qui me pollue la vie..

    Voilà j'avais juste besoin d'en parler.. car je me sens bien seule face à mes soucis. Je n'ai pas bcp de contact avec ma soeur et le reste de ma famille ..

  • Bonjour Sandra,

    Merci pour ce témoignage, et pour votre franchise.J'espère que des pères lisent mon billet aussi. Je défends souvent les hommes contre les abus idéologiques ou juridiques faits contre eux, mais je sais faire la part des choses et bien des hommes devraient apprendre ou ré-apprendre ce que c'est qu'être homme et père.

    On peut supposer qu'il y a souffrance derrière l'alcoolisme, une souffrance qu'il n'a jamais gérée, peut-être même pas identifiée. Mais le problème est qu'ensuite la souffrance se reporte sur les suivants, sur les enfants, et il faut bien que quelqu'un arrête ce cycle.

    Le fait d'en parler est déjà quelque chose, cela signifie que vous n'êtes pas aveugles sur vous-même (comme peut-être l'était votre père). J'entends dans votre témoignage cette quête de ce qui n'a pas été. Mais ce qui n'a pas été on doit un jour y renoncer, même si c'est une sorte de mort intérieure. On ne peut pas compter sur ce qui n'est pas. On peut par contre tenter de créer autre chose, et de renaître avec d'autres personnes, d'autres projets.

    Votre vie amoureuse ne doit pas vous dévaloriser à vos yeux. Ne la vivez pas comme une victime, car la victime ne peut pas changer les choses. Pourriez-vous imaginer que vous choisissez ce que vous vivez? Ainsi vous reprenez possession de vous-même, et quand vous déciderez de changer ce sera simplement un autre choix. Une attitude de choix ne défait pas forcément les mécanismes sur lesquels nous n'avons souvent que peu de prise, mais c'est un début.

    Je ne sais pas si mon commentaire vous apportera quelque chose, j'ai même l'impression que je suis un peu à côté, et en plus je me permets de vous faire une suggestion alors que vous ne m'avez rien demandé! J'espère que vous ne m'en tiendrez pas rigueur. J suis touché par votre témoignage, c'est ma manière de l'exprimer, et volontiers si vous le sentez utile je continuerai à dialoguer avec vous. Je ne veux pas prendre une place de thérapeute, simplement partager ma vision et mon expérience, d'humain à humain. Peut-être un jour arriverez-vous à vous réconcilier avec lui, même simplement en vous-même, et qui sait à l'aimer sans la souffrance. Plus facile à dire qu'à faire, je sais...

    Bien à vous Sandra.

  • Merci pour votre article, ou je me reconnais évidamment.

    Un père absent. Séparée de ma mère depuis que j'ai 6 ans, je me rend compte aujourd'hui qu'il a manqué a ma vie. Il habite à 5 bonnes heures de voiture, je le voyais pendant les vacances, il m'appelait le dimanche soir. Mais depuis quelque temps, plus rien. Enfin, il m'appelle de temps en temps pour parler, une conversation sans grand fond. c'est vrai, sa fait du bien de l'entendre mais c'est tellement... j'arrive même plus a trouver les mots, superficiel. Sur msn, nos conversations sont rapides, puiqu'il est toujours occupé a faire autre chose sur son ordinateur.
    Enfet, jme rends compte que mon père ne connais rien de moi, ne s'est presque jamais interessé a ce que je faisais sauf si c'était scolaire.
    Et a cause de ça, je me met une pression pas possible pour réussir. Pour qu'il puisse être fière, pour qu'il voit que même sans lui, j'y arrive. Je stresse comme une dingue à chaque exam. Petit à petit, ça s'est développé en stress général que je gère tant bien que mal : je n'ai plus d'ongles, mais plutôt des moignons de doigts, des blocages...
    Pourtant, j'ai du mal a accepter que ça ne vas pas. Comment dire, j'ai des amis formidables, suffisamment d'argent pour vivre confortablement, des études qui me plaisent et où je réussis. alors je culpabilise de ne pas être bien. Je sais qu'il faudrait que je voie un psy, mais à 19 ans , je dois en parler avec ma mère, puisque je ne peut pas me le payer. Et encore une fois, je fuis, je suis lâche et j'y arrive pas. sa fait quelques mois maintenant que j'y pense, et j'y arrive pas. Pourtant ma mère à déjà fait des thérapies, je suis sûr qu'elle comprendrait. Parfois, je me motive, prête à lui dire et pourtant, dès que je veut prononcer un mot, je sens que je vais pleurer et je déteste ça. pleurer devant ma mère, ou devant qui que se soit d'ailleurs. J'aime pas me montrer faible, ce qui est totalement nul, puisque ça ne fera pas de moi quelqu'un de moins bon. Du coup, je ne dit rien et file pleurer seul, m'acharner sur moi même et me dire à quel point je suis débile.
    J'aimerais trouver quelqu'un qui m'aide, un homme sympa, rassurant, mais comme vous le dites très bien dans votre article, les relations avec les hommes sont difficiles lorsqu'on à pas eu de référence.

    Merci encore. désolé de mettre vider ici, mais cette article ma déboussolé.

    Leslie

  • Bonjour Leslie,

    Merci pour votre témoignage. Comme les précédents, il confirme combien l'absence du père peut être difficile et douloureuse à vivre. Chacun doit apprendre à faire avec ce qu'il a reçu et ce qui lui a manqué. Je ne comprends pas pourquoi votre père répond si peu alors que vous tentez régulièrement d'aller vers lui.

    Il est important d'en parler avec quelqu'un d'extérieur, de vider son coeur. Il est aussi difficile de rester dans l'attente sans signe clair. J'ai une idée. Peut-être avez-vous déjà essayé, vous verrez. Si vous lui écriviez, sincèrement et simplement? Vous pourriez lui dire votre attente, vos désir d'un dialogue plus profond. Vous pourriez lui parler de vous, de ce que vous aimez. Si vous le sentez, posez-lui des questions - mais sans faire de reproche, pour ne pas fermer la porte. Lui demandez s'il serait d'accord de faire quelque chose avec vous, passer du temps, peut-être partir une semaine en vacances ensemble. Vous pouvez lui dire que vous en avez besoin.

    Qu'en pensez-vous? Quelle que soit sa réponse, ne lâchez pas (au cas où il reste superficiel): il a peut-être ses défenses, un mal-être de ne pas vous donner plus de temps. Les situations sont parfois compliquées.

    Si vous avez un désir de communiquer plus et mieux avec lui, mieux vaut le dire que de rester sur cet éloignement. Que pensez-vous de cette idée?

    Bien à vous.

    John

  • Merci de votre réponse.

    votre idée est bonne, mais le seul problème, c'est que j'ai énormément de mal a exprimer ce que je ressens. Je garde tout pour moi, et sa bloque.
    Je sais pourtant que c'est nécessaire de s'exprimer, mais j'y arrive pas.

    Et puis, même si je lui dit, je ne suis pas sur que cela change quoi que ce soit. Bien sûr il passera du temps avec moi ( s'il en trouve ), il m'écoutera, mais au fond, j'ai peur que cela ne soit pas efficace.
    Tout ça est bien compliqué.

    Merci encore.

    Leslie.

  • Bonjour,
    ce que je viens de lire m'a immensément touchée... Je n'ai jamais vécu avec mon père, et j'en souffre encore beaucoup, même si ma peine s'est un peu estompée depuis 1 an (où j'ai revu mon père après plusieurs années). Je n'existe pour lui que parce qu'il doit me verser une pension alimentaire, c'est tout, il ne m'a même pas reconnue comme sa fille.

    J'ai bientot 20 ans, je n'aime pas comme je suis (manque de confiance en moi, je me dévalorise, peur d'etre abandonnée, en manque d'amour, doute et remise en question de tout, difficulté a faire confiance et a me sociabiliser, stressée...). J'ai tenté de me soigner (de soigner ma peine) en allant voir un psy (je l'ai vu pendant plus de 6 mois, et du jour au lendemain j'ai arreté) : a chaque fois que j'y allais, je remuais de la douleur, et je ne voyais aucune amélioration...

    Je suis sortie avec plusieurs garcons de mon age, avec qui ca a plus ou moins bien collé.
    Aujourd'hui, je suis en couple avec un homme de 20 ans mon aîné. On s'entend très bien, je l'aime énormément, parfois je réfléchis à notre relation et me dis qu'au fond je dois chercher un peu de "père" dans ma relation amoureuse. Je ne sais pas si c'est mal ou si je dois me sentir coupable de ça...

    j'aimerai bien avoir un peu de vos conseils / aide.

    merci beaucoup.

  • @ Leslie: S'exprimer, dire ce que l'on ressent, est loin d'être facile pour tout le monde. Déjà on doit identifier ce qui se passe en nous, puis trouver les mots justes, et enfin passer la barrière du silence. "Traverser les grandes eaux", comme dit le livre chinois du Yi King. Mais cela peut s'apprendre, avec des gens proches que l'on aime, à qui on peut faire confiance. Parfois aussi il faut simplement dire les choses comme on les pense, tant pis si c'est incomplet, maladroit, fragile. On peut y revenir et préciser, compléter. Peut-être aussi travailler avec un groupe qui pratique l'écoute active - sans jugement, sans conseil, juste écouter en laissant le temps - peut aider.

    Pour votre père, bien sûr il pourrait ne pas vous recevoir, rester dans son mécanisme de repli. Il ne faut pas hésiter à insister, lui laisser du temps, avoir de la patience. Je n'ai évidemment pas de solution à votre situation, je ne suis pas dans votre peau, peut-être y a-t-il d'autres moyens pour ouvrir la porte de la communication avec lui. Mais si vous en prenez l'initiative, si vous y réfléchissez sans vous avouer vaincue, c'est peut-être un premier pas. Vous pourriez en parlez avec quelqu'un de confiance, cela aide parfois les idées à venir.

    Bien à vous.

  • @ Manon: j'espère que des pères lisent ce blog, pour qu'ils entendent l'appel de leurs filles. Merci d'écrire. Je ne peux que vous soutenir dans vos choix de vie. C'est votre vie, vous la faites comme vous le souhaitez. Cela ne doit pas être mis en question.

    La différence d'âge est une question très ancienne, dans de nombreuses cultures. Regardez Johnny et Laetitica: 30 ans de différence, et leur couple dure. Je n'y vois pas de problème. Personnellement une de mes soeurs a vécu 20 ans avec un homme plus jeune qu'elle de 24 ans! Et ils s'entendaient à merveille. L'amour ne s'occupe pas de ces contingences. Elles existeront peut-être un jour, si vous durez ensemble. Vous devez simplement en être consciente.

    Personnellement je ne pense pas que l'âge soit le plus déterminant dans un choix amoureux. Ce qui me semble compter c'est l'émotion, la compatibilité entre les êtres. Et puis on a tous des choix de partenaires pour des tas de raisons: pourquoi ne pourriez-vous choisir un homme pour ce qu'il vous apporte de mature et de solide? Qui peut vous en faire le reproche? En tous cas pas moi. Vous faites selon vos besoins.

    Des psy pourraient dire en effet que vous recherchez le père. Je ne suis pas psy et donc lié à aucune obligation d'interpréter votre relation de cette manière. En tant que thérapeute je m'adresse à l'âme comme au corps, et je m'intéresse à la vérité de l'être.

    En fait, si cet homme ne vous plaisait pas, vous ne seriez pas avec lui. Donc le fait qu'il vous plaise, que vous soyez bien avec lui, prime sur une hypothétique recherche de père. Vivez votre vie, tentez d'avoir des moments de bonheurs, partagez avec qui vous êtes bien, c'est votre droit. Ne donnez à personne le pouvoir de vous juger ou de vous interpréter.

    Et si la relation à cet homme vous répare un peu de l'attitude de votre père (quelle blessure pour l'enfant de ne pas être reconnu!), et bien tant mieux. Dans toute relation on répare un peu quelque chose.

    Alors, ce que vous n'avez pas eu avec votre père, acceptez-le, acceptez simplement qu'il y aura longtemps la blessure et le manque. Mais on doit aller de l'avant, se créer, et si je peux me permettre je trouverais super que vous assumiez pleinement votre couple, comme il est, sans laisser personne tenter de vous déstabiliser. Mettez des limites claires à ceux-là, et ouvrez votre porte à ceux qui vous acceptent et vous respectent dans vos choix.

    Je reste à disposition si vous voulez échanger plus. merci de votre confiance.

    Bien à vous.

  • Bonjour,

    J'ai décidé de me lancer aussi, pour raconter mon expérience de l'absence de père.
    Car si j'ai tendance à croire que je m'en sors correctement, que mon travail sur soi porte ses fruits, j'y reviens sans cesse à cette pensée : Qui est mon père ?

    Je n'ai jamais connu mon père, qui était déjà séparé de ma mère quand je suis née. S'il vit encore, il habite normalement sur un autre continent. J'ai fait une tentative pour retrouver sa trace, mais sans fruits. Au moins ça m'a aidée à commencer un deuil de ce qui prend de plus en plus les allures d'un mythe dans ma vie : mon père, notre hypothétique rencontre.
    Ma mère a entretenu chez moi l'idée qu'il était génial et que je le retrouverais un jour... ce qui n'aide pas les choses. En plus je suis métis, mon père étant noir et ma mère blanche... cette peau de couleur, qui était longtemps un handicap et qui m'apparaît comme une injustice, n'aide pas non plus à passer à autre chose.

    Je suis maintenant "en couple" depuis quelques années, mais ça n'évolue pas terriblement bien, en tous cas à mes yeux. Mon travail avec la psy m'amène à me rendre compte que j'ai une attente irréaliste vis-à-vis de mon partenaire. Néanmoins, je n'arrive pas à calmer durablement ma demande affective. J'ai un besoin envahissant d'être constamment rassurée, m'imagine être abandonnée à chaque occasion, me dévalorise... J'ai beau lutter contre tout ça, ça revient au galop. C'est devenu une maladie. La solution m'apparaît souvent être de terminer cette relation, mais je sais que ce n'est pas forcément la bonne solution.

    Construire un relation revient pour moi à lutter contre ma nature, je dois examiner chacune de mes émotions afin d'en éliminer la part liée à mon passé... épuisant.

  • @ Ana:

    Merci pour votre témoignage, très clair, qui demande peu de commentaire sinon d'apprécier votre analyse.

    Le travail sur soi est en effet parfois épuisant, jusqu'au jour où quelque chose en nous peut relativiser vraiment, sans plus ces attentes et attaches intérieures au mythe.

    Et si bien des pères sont simplement évacués par la justice en cas de divorce, il y a aussi des pères qui n'assument pas, ne prennent pas la responsabilité de leur actes et de leur paternité. C'est triste.

    Puissent des pères ou futurs pères vous lire et réaliser combien leur présence est importante. Parfois mieux vaut un parent moyen que pas de parent, car quand un parent est présent on peut à la fois poser des repères et si besoin se construire différemment. Longue, longue histoire que celle du père manquant - à cause des guerres, de l'émigration, de la lâcheté, de l'exclusion judiciaire - les causes sont multiples.

    Merci encore pour ce témoignage.

  • Bonjour,

    Votre article m'as beaucoup touchée. Je n'ai jamais commue mon père, il est parti quand j'étais bébé et j'étais elevée pas une maman qui m'aimait beaucoup mais qui était trop jeune, instable pour avoir un enfant ( hurlement, tapes, insultes etc)
    j'ai toujours ressenti un mal être profond mais sans vraiment savoir pourquoi......j'ai 26ans et cela fait peut-être deux semaines que je me suis rendue compte que j'ai honte que je n'ai pas eu de père...petite j'inventais plein d'histoires pour justifier son absence. Je crois que je me sens un peu coupable aussi. Et je ressens toujours ce manque qu'aujourd'hui je peux heureusement et enfin comprendre.
    Maintenant c'est à moi pour retrouver la confiance en moi et pour me servir de ce vide pour faire des choses bien et construire ma vie.

    Avec des homes ça ne se passe pas bien du tout. pourquoi, tout simplement car je n'ai jamais vraiment été habituée à être avec des hommes...j'étais élevée par ma mère et par ma grand mère

    Tout ça pour dire, qu'on a besoin de ses deux parents pour se construire. J'espère pouvoir un jour fonder une famille solide et heureuse.

  • Bonjour,

    Je suis très contente d'avoir trouvé ce blog qui parle d'un sujet trop tabou à mon sens.
    Mon père était alcoolique et s'est suicidé quand j'avais deux ans, après avoir divorcé de ma mère. Lui même n'avait pas eu de père et venait d'une famille où les hommes prenaient la porte de sortie et où la mère était un vrai dragon possessif.
    Pendant l'enfance, j'étais anti-homme et je ne souffrais pas de cette absence. Je disais qu'un père ne servait à rien. Je pense que c'était l'effet d'un sévère refoulement car quand, à quinze ans, alors que je n'éprouvais aucune attirance pour les garçons, je suis soudain tombée folle amoureuse d'un homme qui avait trois fois mon âge, j'ai commencé à penser à mon père, à sa douleur immense, à son abandon, et à beaucoup souffrir.
    J'ai passé toute mon adolescence à courir après des hommes inaccessibles qui n'en avaient rien à faire de moi. Je me scarifiais parfois tellement la douleur était forte, ou je passais par des phases anorexiques.
    Je n'avais quasiment pas d'amis à l'école, car j'étais terriblement mal et renfermée, je ne me reconnaissais pas parmi les jeunes de mon âge.
    J'ai fait une tentative de suicide puis deux séjours à l'hopital psychiatrique, souvent suite à des phrases violentes de ma mère avec qui j'ai eu une relation d'abord très complice puis orageuse.
    J'ai aussi un beau-père irascible avec qui je ne m'entends pas du tout.
    Depuis mes seize ans, je lutte pour faire reconnaitre l'importance du rôle du père, j'ai milité à SOS PAPA, j'ai fondé ensuite ma propre association de défense des droits de l'enfant.
    Il va sans dire que j'ai été abonnée aux psys pendant des années mais cela m'a fait beaucoup progresser.
    Maintenant j'ai trente ans, j'écris et je publie des livres et bien que je vive toujours sous médicaments, je suis enfin épanouie dans plein de domaines de ma vie. J'ai des amis intéressants, un boulot, je vis dans la ville où j'ai toujours rêvé d'habiter, dans mon petit appartement dans lequel je me sens si bien avec mon premier copain. Il est terriblement romantique, très attaché à moi, et je lui fais pleinement confiance. Le destin semble me sourire enfin, mais j'ai toujours le coeur poignardé quand j'apprends qu'un enfant grandira sans père...
    Merci à vous

  • @ ptitemoi,
    @ marie:

    Merci pour ces témoignage forts. Pas grand chose à ajouter, sinon que j'entends dans vos mots, au-delà de la douleur, l'espoir d'une vie à vous construire où le manque restera comme le signal de ce que vous ne voulez plus vivre, et surtout le signal de ce que vous ne voulez pas donner à vos enfants.

    Rien ne remplace le manque et l'absence, mais il faut construire avec, accepter ce manque.

    Bonne chance, bonne route!

  • Bonjour,

    je viens de lire votre article après avoir fait une rapide recherche sur internet ou j'ai simplement tapé "père absent", suite à une discussion houleuse avec ma mère au sujet de ce "père" qui, il y a 10 mois a décidé de ne plus donner signe de vie. Ce n'est pas comme si c'était la première fois qu'il s'excluait, j'ai 20ans et je n'ai pas connu mon père en tant que tel, parents divorcés je ne le voyais qu'un weekend sur deux (quand il voulait - ou pouvait - nous accueillir mes sœurs et moi) et pendant les vacances, rarement. On ne peut pas dire qu'il ne nous ai pas aimées ou qu'il ne nous aime pas, je pense juste qu'il n'a jamais su ce que devait faire un père. Tout ça pour dire que j'ai fais beaucoup d'effort pour qu'il aille mieux, qu'il se remette de ses problèmes personnels et je pensais avoir réussi jusqu'au jour ou je n'ai plus eu de nouvelles. Alors bien évidement j'ai pris le parti de vivre sans lui, en essayant tant bien que mal de l'occulter, mais voilà je n'arrive pas à empêcher qu'il revienne dans ma mémoire et cela me fait beaucoup de peine lorsque que l'on me parle de lui. J'ai l'impression de ne pas être comprise quand j'en parle à mes amis, pour eux cela semble impossible qu'un père abandonne ses enfants, alors à qui j'en parle moi? qui est là pour me conseiller quand ça va pas? pour me parler de sa propre expérience? avec qui je dois traverser tout ça? j'ai envie de vous dire que c'est un cri de désespoir, ma mère me dit que je dois faire la paix avec moi même et apprendre à lui pardonner son absence mais je n'y arrive pas et elle ne comprend pas à quel point c'est dur pour moi de savoir que mon père vit dans la même ville que moi et que je ne peux pas le voir parce qu'il ne le veut pas.
    J'ai l'impression d'être dans une impasse, j'ai vu un psy qui ma dit que je n'avais pas de problème que mon problème c'était mon père et qu'il fallait que je lui parle, je lui ai parlé et pourtant ça na pas changé, il a "re" disparu, et je ne sais pas si il reviendra un jour et quelle sera ma réaction si tel est le cas...
    En lisant les commentaires je me suis aperçue que je n'étais pas la seule à qui ça arrivait et je vois que beaucoup souffre autant que moi. Il fallait vraiment que j'en parle ici pour peut-être me sentir mieux après qui sait...

    Le seul mal que mon père a fait c'est son absence, est-ce pardonnable?

  • @ Astrid:

    Bonjour. Je ne sais que penser, l'attitude de votre père doit bien avoir un motif, mais lequel? Je comprends votre désarroi et votre tristesse alors que vous avez tenté de retrouver une communication avec lui.

    On ne reconstruis pas d'un coup une longue absence, et surtout si lui s'y soustrait.

    L'idée qui me vient est que vous ne lâchiez pas. C'est peut-être douloureux pour lui aussi de reparler du passé, il faut peut-être trouver un autre chemin.

    J'imagine que vous puissiez lui écrire plutôt que lui parler en direct, pour un temps du moins. Cela lui laisserait du temps pour vous lire et y réfléchir. Lui écrire non pas sur le passé, mais ce que vous faites actuellement, ce qui vous passionne. Par exemple une carte postale lors d'un déplacement. Ecrire ni trop ni trop peu, qu'il n'y ait pas de pression, mais qu'il lui vienne peut-être l'envie de vous connaître.

    Qu'en pensez-vous? Serait-ce une bonne idée selon vous?

  • Je me reconnais bien dans cet article et je me sent rassuré de savoir que ce que je pensais, à savoir que la relation d'un père avec sa fille peut avoir un gros impact sur sa vie sociale et amoureuse, est vrai.

    En effet, j'ai 19 ans, et je pourrais qualifier ma relation avec mon père d'innexistante. Il est présent physiquement, mais depuis toute petite il n'y a pas de dialogue, pas de regards, pas de bonjours...
    Il y a comme un mur entre nous, c'est comme si nous étions deux étrangers vivant ensemble. De plus, il a toujours eut tendance a me rabaisser, et être violent dans sa maniere de me parler quand il est en colère. Par exemple, j'ai plusieurs fois eut droit a des insultes me rabaissant plus bas que terre. Par conséquent, je n'ai aucune confiance en moi, malgrès de gros efforts sur moi-même j'ai des périodes assez dure (psychologiquement parlant). Et personne dans mon entourage n'est en mesure de le comprendre.

    Du côté de mes relations amoureuses, ce manque de confiance se répercute énormément et j'ai plutôt tendance a sortir avec des garçons qui sont distants et me font soufrir et si ce n'est pas le cas, c'est moi qui devient distante et fait soufrir l'autre, incosciemment, de peur de resoufrir je pense. Et je préfère rompre, avant de soufrir, ou que quoi que ce soit ne devienne sérieux.
    Bref, j'espère m'être assez bien exprimé, en tou cas je tient a dire merci pour m'avoir montré que je ne suis pas la seule a avoir ce genre de problème, qui a plutôt tendance a bouffer la vie je dois le dire !!

  • Bonjour Johanne,

    La situation que vous décrivez avec votre père est assez particulière. Mon sentiment est que c'est plus qu'un père absent. Il y a un problème quelque part, mais lequel? Car ne même pas vous regarder ou vous dire bonjour, c'est assez extrême. Est-ce un caractère? Est-ce une profonde blessure ou un secret? Lui seul pourrait le dire.

    Mais, si je peux me permettre, peut-être devriez-vous réagir verbalement en refusant ses rabaissements (peut-être le faites-vous déjà?). Pas forcément de manière agressive ou blessée (quoique cela peut parfois être utile de montrer sa blessure, sans armes), mais avec humour, genre: "Mais non, pas d'accord, je suis quelqu'un de très bien!" Une manière de ne rien vouloir lui prouver, mais de dire que ses propos n'engagent que lui. Désamorcer ces situations de dénigrement. Cela pourrait aussi vous donner plus de centrage en vous, et d'estime, peut-être, en ne prenant pas ce qu'il dit. C'est son problème, pas le vôtre.

    Une réparation de cette relation pourrait-elle avoir lieu? Bien incertain à dire. Mais pour être moins mal à l'aise avec les hommes, vous pourriez essayer de lui trouver quelques qualités - on en a forcément tous, histoire de faire la part des choses, d'accepter qu'un humain n'est pas tout, pas comme on l'attend. Peut-être cela vous permettrait-il de faire la part des choses avec les hommes qui vous intéressent, de défaire peu à peu le stress dans lequel vous êtes par rapport à eux.

    Beaucoup de peut-être, certes, mais quelques pistes. Si elle ne conviennent pas, à vous de trouver les vôtres, afin de ne pas rester figée dans une impasse. Votre vie est entre vos mains.

    Bien à vous, bonne route!

  • Bonjour,
    C’est en pianotant « père absent » sur le net que je tombe sur votre forum intéressant.
    Je m’appelle Nathalie et mon parcours affectif ressemble beaucoup à un mélange de certains témoignages que je viens de lire.
    Fille d’un couple de divorcés (ma mère a quitté mon père quand j’avais un an) ;je suis aujourd’hui mère de famille d’un garçon de 20 ans et d’une fille de 17 ans .(Il n’est jamais trop tard pour se poser des questions !)
    Moi-même divorcée, j’ai réalisé, ce soir, en vous lisant que j’ai malheureusement acquis ma maturité affective lors de mon premier mariage .......
    En résumé, je vois mon père « par hasard » ou «exceptionnellement ».
    Nos rares entrevues se passent bien , d’autant plus qu’il "revendique » être mon père ; mais d’après moi, ces moments manquent de sincérité.
    J’entends par là qu’il était là, pour ma remise de diplôme universitaire ; là pour rencontrer son petit-fils et sa petite fille lors de leurs naissances;qu'Il m’appelle une fois par an pour mon anniversaire, quand il ne se trompe pas de date…..mais, c’est à peu près tout .
    Ces entrevues me laissent toujours un peu sur ma faim , car je sais, qu’elles sont ponctuelles et espacées.
    On se quitte d’un commun accord sans jamais se dire « à bientôt »
    Ensuite, …….silence radio pour de nombreux mois .
    Récemment, et pour la première fois , j’ai eu une altercation au téléphone avec lui.
    Je ressens ; maintenant qu’il est malade ; et dépendant ;qu’il compte sur moi pour ses problèmes matériels ( je passe les détails, mais il ne s’agit pas d’argent , mais de gérer un bien immobilier ).
    La situation me perturbe car j’éprouve l’injustice d’avoir été délaissée affectivement pendant 46 ans et je ressens la culpabilité de ne pas avoir envie de l’aider matériellement.
    Aujourd’hui, je décide de lui écrire une lettre ouverte, mais avant cela, je vous fais part de ma tourmente.
    Merci de m’accorder quelques minutes
    Nathalie

  • Je vous ai déjà écrit à propos de ma douleur liée à l'absence de père, mais j'aimerais aborder le problème de façon plus générale.
    Malgré de grandes avancées comme le congé paternité ou la résidence alternée, nous vivons encore dans une "culture" qui encourage des pères à se comporter en simples donneurs de sperme, tant ils sont habitués à s'entendre dire par les médias qu'ils ne servent à rien.
    Récemment, en France, une veuve voulait se faire inséminer par le sperme de son mari décédé : la Justice s'est opposée à ce qu'on fasse naitre un orphelin, mais la majorité des Français était derrière cette femme, et j'ai dû répondre à une feuille de choux où il était écrit qu'un père n'était pas nécessaire pour l'enfant !
    En France encore, une homosexuelle vient d'être autorisée à adopter (je précise que je suis aussi contre l'adoption par les célibataires). Les médias, qui font depuis dix ans un véritable bourrage de crâne en faveur de l'homoparentalité; ont applaudi là un grand progrès.
    On nous dit que c'est un progrès d'avoir un enfant sans père !!
    On ne cesse de parler de parité homme-femme en politique et dans la société, pour la débiner dans la famille !
    La nouvelle devise de cette société c'est : un bébé si je veux, quand je veux, comment je veux.
    En Hollande et en Belgique, l'insémination artificielle est autorisée pour les lesbiennes et les femmes seules. Venant d'hommes qui donnent leur sperme en connaissance de cause; j'appelle ça de l'abandon d'enfant. Ces enfants privés de tout droit, ne connaitront jamais leurs origines ni l'amour d'un père. La HALDE n'a jamais levé le petit doigt pour eux.
    Le mépris pour la souffrance de l'enfant sans père est très fréquent en même temps que son déni. Ma révolte serait sans fin si je n'espérais un juste retour de balancier dans les décennies à venir.
    Bien à vous
    Marie

  • Marie,

    Je ne peux que souscrire à vos propos. Et c'est important qu'une femme les tienne. Cette interchangeabilité du père est très questionnante. Est-ce une vengeance contre le Pater familias un peu dictateur? Mais ceux-là n'ont été qu'une faible partie des pères.

    Il faut dire aussi que les hommes ont pris l'habitude de laisser l'éducation aux mères, et qu'eux-mêmes n'ont pas toujours conscience de leur importance et d'avoir à affirmer leur place. Ils ont un vrai travail à faire sur leur parentalité.

    Bien du chemin encore pour arriver à un meilleur équilibre, et pour que les enfants - filles et garçons - grandissent en sécurité et stabilité affective.

    Bien à vous.

  • Nathalie,

    Désolé de ne pas vous avoir répondu plus vite. Il semble que vous ayez beaucoup de réponses par vous-même, car votre analyse est lucide. Je réalise vraiment le temps qu'il faut pour réparer une relation ou pour trouver une position personnelle stable.

    Qu'on le veuille ou non nos parents sont là d'où nous venons. Même absent, un parent a une forme de présence. Autre, trouble, car pas de signes clairs ni d'interaction.

    Bonne idée votre lettre. Je crois important de dire ce que l'on a sur le coeur, mais sans agresser, juste pour que l'autre entende qui nous sommes et ce que nous vivons. En lui expliquant que ce n'est pas pour le culpabiliser, mais juste pour établir une relation plus vraie, plus authentique. Et comme vous dites, il n'est jamais trop tard.

    Bonne chance.

  • Bonjour à tous,
    comme beaucoup de personnes sur ce forum, j'ai trouvé l'article ci-dessus très intéressant.
    Je me décide aujourd'hui pour la première fois à vous raconter ma propre expérience suite au décès de ma maman il y a dix jours (décès brutal suite à un cancer du pancréas).
    Je suis née en 1983 d'un amour adultère. Mon père biologique, qui était déjà marié avec deux enfants d'une vingtaine d'années plus agés que moi (mon père a 23 ans de plus que ma maman) vit à 3 kms de mon propre logement.
    Ma maman s'est mise avec mon beau-père (qui lui-même avait une fille de deux ans dont la maman venait de mourir d'un cancer) quand j'avais trois mois et ils ont eu un enfant ensemble en 1986, ma demi-soeur.
    J'ai donc grandi avec ma maman, mon beau-père et ma demi-soeur (la grand-mère maternelle de la fille de mon beau-père ayant refusé qu'elle vienne vivre avec nous).
    Mon beau-père est quelqu'un de gentil et je ne peux pas dire que nous ayons manqué de quoi que ce soit matériellement parlant. En revanche, c'est quelqu'un de très maniaque, solitaire et peu expressif. En fait, je crois simplement qu'il fait de son mieux mais qu'il n'est peut-être pas fait pour être papa (jamais de signes d'affection, de bisous, de mots gentils, beaucoup de sévérité et de disputes...)
    J'ai été très proche avec ma maman, très complice et elle était vraiment tout pour moi. Mais là encore, en raison de graves problèmes avec ses parents durant son enfance, elle n'était pas très expressive et câline alors que je sais qu'elle m'aimait énormément.
    Vers l'âge de dix ans, ma maman m'a annoncé que mon beau-père n'était pas mon père biologique. J'ai désiré à ce moment prendre contact avec lui et le rencontrer. Nous avons dû nous voir en tout et pour tout une dizaine de fois en cachette dans un sentier dans les bois afin que sa femme dépressive qui avait fait une tentative de suicide quand elle a appris la liaison de mon père avec ma mère ne soit pas au courant. Nous nous sommes également échangé quelques lettres pendant mon adolescence, puis d'un jour à l'autre plus rien.
    Je n'avais pas revu mon père depuis une quinzaine d'années mais j'ai décidé de prendre mon courage à deux mains et je me suis présentée chez lui la veille de l'enterrement de ma maman (le 8 décembre) afin de l'informer de son décès.
    Il m'a accueilli avec un "c'est pour quoi, madame?" et j'ai dû me présenter pour qu'il puisse me reconnaître. Je lui ai fait part du décès de maman et je pense qu'il en a été attristé. Ensuite sa femme est sortie et a commencé a hurler "je ne veux pas de ca chez moi" quand mon père a proposé de me faire rentrer chez lui quelques minutes. Il m'a finalement embrassé sur le front avant que ne reparte et depuis plus rien.
    Je pensais qu'aller le voir me sortirait une épine du pied mais après la douleur liée au décès de ma maman, je dois supporter une nouvelle déception au niveau de mon père. Même si au fond de moi je ne m'attendais pas à des miracles, j'aurais aimé qu'il prenne mon numéro de téléphone ou propose que nous ayions une discussion un autre jour. Il n'est pas venu à l'enterrement de maman, je n'ai pas recu de mot de sa part non plus et je suis amère.
    J'essaye tant bien que mal de conserver une bonne relation avec mon beau-père qui se retrouve tout seul afin de l'aider moralement et au niveau des papiers devant être faits par rapport à la mort de maman mais je me sens moi-même seule.
    La personne à laquelle je tenais le plus vient de me quitter, mon père biologique continue à m'ignorer malgré mon initiative et mon beau-père a besoin de mon soutien.
    Pour ce qui concerne ma vie privée, la aussi c'est une catastrophe. J'ai vécu une belle histoire avec un homme qui est parti se marier en Tunisie pour une question de religion cet été et je souffre beaucoup de cette séparation. Je me suis beaucoup rapproché d'un de mes amis suite à son départ car j'avais un gros manque affectif. Nous sommes ensemble depuis quelques mois maintenant mais je n'arrive pas à trouver en lui de quoi combler ce manque. D'une facon générale, mes histoires d'amour sont toujours compliquées, voir impossible alors qu'à 26 ans je ressens vraiment le désir de me poser avec un homme et de fonder une famille. Côté amitié, c'est exactement la même chose. Je ne réussi pas à construire de relation amicales durables et je n'ai conservé aucun ami d'enfance. Je suis sans arrêt décue par les gens et préfère couper les ponts.
    Cela me désespère. Je me sens très seule alors que finalement très entourée par d'autres personnes de la famille et amis de mes parents depuis le décès de ma maman. Qu'est ce qui cloche chez moi?
    Maintenant que je vous ai dévoilé les traits principaux de ma vie, je sais qu'il n'y a pas de solutions miracle mais si vous pouviez me donner votre point de vue ou quelques conseils, j'en serais ravie. Merci beaucoup par avance.
    En espérant que mon récit sera compréhensible et qu'il ne vous aura pas ennuyé.
    A bientôt

  • J'ai fait un billet pour Noël, un peu inspiré de tous les beaux et difficiles témoignages postés ici.

    http://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2009/12/22/noel-c-est-dans-les-yeux.html

  • bonjour, ce poste m'a vraiment touchée car je n'ai pas eu de "père" enfin mon vrai père a vécu avec nous jusqu'à mes 6 ans puis es partit vivre dans un autre pays, je n'ai pas eut de nouvelles pendant plus de dix ans, ma mère s'est remariée avec un homme alcoolique qui la battait, de plus cet homme n'a jamais voulu m'accepter moi et mon frère car nous n'étions pas ses enfants, donc je n'ai pas la meilleure vision des hommes, à cause de lui touts mes noels ont été infernales quand nous étions petit il s'amusait à casser les jouets que nous recevions à noel ou frapper ma mère avec nimporte quel objet qu'il trouvait dans la maison. Aujourd'hui il n'est plus là mais je fais toujours une petite déprime durant les fêtes je déteste cette période. En fait je déteste les hommes en général, je ne veux ni me marier ni avoir d'enfants je ne sais pas si c'est à cause de mon passé. Bref ça fait du bien d'en parler. Bonne journée à tous .

  • Bonjour,

    Je vous avais écrit il y a quelques mois de cela vous expliquant que la relation avec mon père était innexistante. Pas de bonjours, pas de regards...rien. J'expliquais en effet qu'il avait tendance à me rabaisser plus bas que terre depuis l'enfance et que cela m'avait fait perdre toute confiance en moi, et que cette situation se répercutait sur ma sitaution amoureuse.

    Ce que j'avais omis de vous dire c'est qu'il lui arrivait de lever la main sur moi. Il y a d'ailleurs quelques jours il m'a donné plusieurs coups à terre et j'en arrive à un point où je ne peux vraiment plus supporter cette situation.

    Je vous écrit donc dans le but de vous demander conseil. Il faut savoir avant tout que ce n'est pas fréquent, mais simplement que je ne trouve pas cette sitaution normale. J'en souffre de plus en plus malgrès mes gros efforts. Pouvez vous me donnez quelques conseil ?

    Merci d'avance.

  • Johane,

    Un problème de santé et une opération demain m'a fait oublier de vous répondre, veuillez m'en excuser.

    Je pense qu'il n'y a pas à laisser s'installer ou perdurer une violence. La difficulté est d'aimer et en même temps de rejeter un comportement chez la personne que l'on aime. Faire la part des choses quoi.

    Je dirais de faire cesser ce comportement même s'il n'est pas trop fréquent, soit en lui tenant tête physiquement, soit par la parole ou les cris. Si vous changez d'attitude et devenez ferme, il est possible qu'il change aussi.

    Tenez moi au courant. là je serai en convalescence mais je suivrai autant que possible.

    Bien à vous.

  • Bonjour,

    J'ai lu avec attention votre article concernant le père absent. Bel article sensible qui suscite tellement de témoignages poignants de "filles".

    Mais aucun témoignage de "père abandonnant".

    Il serait intéressant qu'ils prennent la parole, que reste-t-il des années après l'abandon physique de son enfant (au sens génétique) ?

    Y pensent-ils de temps en temps ? Était-ce un acte sans intérêt que cet abandon ? sans aucune conséquence ?

    Quelques réponses seraient les bienvenues.

    Cordialement,

    Lisie

  • @ une fille:

    C'est toujours difficile d'entendre un témoignage comme le vôtre. Il peut y avoir une pathologie dans le comportement de votre beau-père, mais cela ne change rien pour vous et ce que vous avez vécu. Je comprends votre aversion pour les hommes. Dites-vous quand-même qu'ils ne sont pas tous pareils. Mais bon, ça aussi ça ne change rien pour vous.

    Parfois créer des amitiés avec des hommes (quand c'est possible) permet peu à peu de les apprivoiser. Le risque est de préférer les hommes sans trop de consistance pour que rien ne vous rappelle la violence passée, mais ce ne serait pas un bon plan. Enfin, quoi qu'il en soit, faites-vous confiance, suivez votre chemin. On peut réaliser une belle vie, utile, riche, même sans créer une famille.

    Désolé d'avoir répondu un peu tard mais je suis hospitalisé pour une grosse opération et je ne suis pas encore pleinement fonctionnel.

  • @ Linda: pour la même raison que ci-dessus je vous demande un peu de patience car votre commentaire demande plus de temps pour y répondre..

  • @ lisle:

    Votre questionnement est très pertinent. Ce doir être difficile pour es pères abandonnants de s'exprimer. Tant de culpabilisé, peut-être. ou bien un désintérêt qui blesserait à nouveau.

    Je souhaiterais aussi qu'il y en ait qui écrivent ici, pour donner des pistes à ces femmes dont les témoignages sont touchants et poignants.

  • Bonjour. Bien moi, je ne sais pas vraiment quoi comprendre à tout cela. Evidement, je me suis reconnue parmi tous vos témoignages mais je n'en suis pas moins avancée. J'ai 16 ans et ce n'est qu'il y a quelques mois que la pensée que mon père, que je n'ai absolument jamais connu et dont je n'ai jamais abordé le sujet avec ma mère, pouvait avoir un rapport avec mes sentiments amoureux m'a traversé l'esprit. Je suis tombée follement amoureuse, pour la première fois, d'un homme de 32 ans, avec 1 enfant et divorcé. Malgré ces 3 obstacles insurmontables, je l'ai aimé (et en fait, je ne saurais même pas dire si je ne l'aime plus) pendant 2 ans. Puis j'ai quitté le collège (c'était un professeur génial) et j'ai commencé à appréhender mon entrée au lycée, qui était synonyme de perte de mon illusion puisque je réalisais que je ne le reverrai plus jamais. La distance, le temps, l'absence de contact me pesaient plus que jamais, j'aurai vendu mon âme pour ne serait ce que l'apercevoir. Je ne sais pas si cela était dû au fait que je sois jeune ou que ce soit mon premier amour, mais il semblait que plus les jours passaient, plus je cherchais en vain et malgré moi des signes de sa présence. Je ne sortais que pour espérer le croiser, mon trajet pour rentrer chez moi me laissait le temps d'épier les plaques des voitures noires comme la sienne. Tout était prétexte à m'en rappeler, c'était atroce. Puis il y a quelques mois, je me suis inscrite à des cours de natation et ce qui devait arriver arriva. Mon moniteur est dans une situation similaire à mon prof de collège. Il me préfère aux autres élèves, me fait des blagues, bref on est plutôt complices. Et naturellement, je suis tombée amoureuse. Le problème c'est que s'il y a une chose au monde que je souhaite par dessus tout ce serait d'arrêter. Arrêter de me voiler la face, de m'endormir en pensant à lui, de rêver de lui, de me lever en me disant que la journée est belle parce que je le vois! Je voudrais juste être normale. Je ne connais pas les raisons qui ont poussé mon père à s'en aller avant ma naissance, peut être ne sait il même pas que j'existe, mais je sens bien au fond que tout ce qui m'arrive est directement lié à lui. Je voudrai juste trouver, je ne sais pas moi, une sorte de remède, une aide, quelque chose. C'est tellement blessant de regarder ce moniteur et de se dire que tout ce que je ressens pour lui est une erreur, que n'importe quelle fille normale et correctement élevée sentirait une légère affection à ma place, que je devrais aimé les garçons immatures et indifférents de mon âge. Bref, je m'arrête là. Je dois avouer que j'ai écrit tout cela dans un but égoïste, celui d'essayer de me libérer. Apparemment, ca ne fonctionne pas alors vraiment désolée de cette peine d'autant plus inutile qu'a été pour vous la lecture de ce message. Bonne soirée.

  • Bonjour,

    Moi, je me suis reconnue dans ces témoignages. J’ai 19 ans et mon père est quand j’avais 1 an. Son absence ne m’a posé aucun problème jusqu’à ce que rentre au collège. J’ai commencé à me poser des questions, et en faisant mais recherches, c’est là que j’ai commencé à découvrir en un certains nombre de secrets de familles, comme par exemple, qu’il avait des problèmes avec la drogue, et autres dans le même genre. Aujourd’hui, je ne sais pas si cela découle de cette absence et de ces mensonges, mais j’ai de gros problèmes relationnels. Je suis mal à l’aise avec tout le monde, et ou que j’aille, en particulier aves les hommes, je n’arrive pas à faire confiance. Je suis attirée par des hommes qui ont entre 30 et 40 ans de plus que moi, et passe mon temps à faire des transferts débiles qui me font plus souffrir qu’autre chose.
    J’ai aussi j'ai écrit tout cela dans un but égoïste, celui d'essayer de me libérer et effectivement, ça ne fonctionne pas…dsl et merci quand même…
    Anne

  • Bonjour,

    Moi, je me suis reconnue dans ces témoignages. J’ai 19 ans et mon père est quand j’avais 1 an. Son absence ne m’a posé aucun problème jusqu’à ce que rentre au collège. J’ai commencé à me poser des questions, et en faisant mais recherches, c’est là que j’ai commencé à découvrir en un certains nombre de secrets de familles, comme par exemple, qu’il avait des problèmes avec la drogue, et autres dans le même genre. Aujourd’hui, je ne sais pas si cela découle de cette absence et de ces mensonges, mais j’ai de gros problèmes relationnels. Je suis mal à l’aise avec tout le monde, et ou que j’aille, en particulier aves les hommes, je n’arrive pas à faire confiance. Je suis attirée par des hommes qui ont entre 30 et 40 ans de plus que moi, et passe mon temps à faire des transferts débiles qui me font plus souffrir qu’autre chose.
    J’ai aussi j'ai écrit tout cela dans un but égoïste, celui d'essayer de me libérer et effectivement, ça ne fonctionne pas…dsl et merci quand même…
    Anne

  • Cécile, le fait que tu tombes amoureuse de tes professeurs, correspond à la même chose que ce dont Anne à parlé. Il s'agit de transferts. Je ne suis pas psy, mais en transferts j'en connais un rayon...Je n'ai pas non plus connu mon père, mais pareil, au collège j'ai commencé à tomber amoureuse de certains de mes profs. Le pire c'était au lycée, en terminal. J'ai fais un gros tranferts sur un de mes profs, j'adorais aller au lycée juste parce que je savais que je le croiserai. Je connaissais son emploi du temps par coeur et je savais ou je devais aller et à quelle heure juste pour l'apercevoir ou le croiser et espérer un sourir....quand j'ai eu mon bac, plutôt que d'être contente de l'avoir réussi j'étais déprimé comme pas possible rien qu'à l'idée que je devrais quitter le lycée et que je ne le croiserai plus. Il m'a fallu plusieurs mois pour m'en remettre. Aujourd'hui j'ai 20 ans, et je fais un tranfert sur quelqu'un d'autre, encore un de mes prof. Il a plus de cinquante ans mais je ne peux m'empêcher de penser à lui constamment, et pareil que toi Anne, il m'aime bien, me fais des blagues et de manifiques sourirs!! Dernièrement j'ai appris qu'il avait des enfants, et j'en suis vraiment déprimé parce que cela veut dire que "la place est prise" et que je n'ai aucune chance, même si je le savais dès départ, mais c'est plus fort que moi, je ne peux pas m'empêcher d'espérer. Je lutte, parce que dès que je le vois je ne peux pas m'empêcher de me comporter comme une gamine, alors que j'ai 20 ans, tu vois, c'est plus grave que toi! Mais bon, avec les garçons de mon âge, ça ne marche pas.
    Peut être que tu devrais en parler Cécile en quelqu'un, ou pourquoi pas aller voir un psy, je ne sais pas si cela peut tout arranger, et d'ailleur je ne le crois pas, mais peut être que ça pourrait t'aider à pouvoir canaliser tes transferts afin qu'ils te pourrissent moins la vie.
    Ou bien peut être que tu peux concenter ton attention sur autre chose. Par exemple, je me suis mise à faire beaucoup de sport, et franchement ça m'aide parce que je qu'en j'en fais je n'y pense pus. Et dès que j'ai du temps libre je fais du sport, et ça m'aide vraiment beaucoup. Enfin, il est certain que ce n'est pas une façon de régler le problème, c'est peut être aussi une façon de le contourner, mais bon...

  • hello j'ai 17 ans et je suis très toucher car cela me décrit totalement.
    Mon père depuis mes 5 ans je le voie 1 ou 2 fois tout les 6 mois et encore, bref j'en souffre beaucoup car je l'aime énormément j'ai comme un lien très fort avec lui, lui même me la dit.
    Quand j'étais petite je voulais tout le temps rester avec lui, ma mère ma dit que lorsque j'étais bébé, dès que je ne sentais plus la présence de mon père je me m'était a hurler, elle en était presque jalouse.
    Je suis quelqu'un qui souffre en silence loin des regard.
    Dès que je parle de mon père ou que je pense a lui je fond en larme et quand je pense a ce que je suis maintenant j'ai envie de le détester mais c'est impossible car je l'aime beaucoup,
    a cause de lui je suis, hypersensible, très timide, renfermer sur moi même, pas confiance en moi et je ne parle jamais de moi.
    J'ai tendance a rejeter la faute sur mon père.

    C'est dure de vivre sens son père surtout quant un lien très fort et tisser.

    VOILA bref je n'étale pas ma vie

  • hello j'ai 17 ans et je suis très toucher car cela me décrit totalement.
    Mon père depuis mes 5 ans je le voie 1 ou 2 fois tout les 6 mois et encore, bref j'en souffre beaucoup car je l'aime énormément j'ai comme un lien très fort avec lui, lui même me la dit.
    Quand j'étais petite je voulais tout le temps rester avec lui, ma mère ma dit que lorsque j'étais bébé, dès que je ne sentais plus la présence de mon père je me m'était a hurler, elle en était presque jalouse.
    Je suis quelqu'un qui souffre en silence loin des regard.
    Dès que je parle de mon père ou que je pense a lui je fond en larme et quand je pense a ce que je suis maintenant j'ai envie de le détester mais c'est impossible car je l'aime beaucoup,
    a cause de lui je suis, hypersensible, très timide, renfermer sur moi même, pas confiance en moi et je ne parle jamais de moi.
    J'ai tendance a rejeter la faute sur mon père.

    C'est dure de vivre sens son père surtout quant un lien très fort et tisser.

    VOILA bref je n'étale pas ma vie

  • Bonjour,

    Les messages précédents m'ont beaucoup touchés, et je me rends compte que beaucoup de femmes souffrent de l'absence de leur père. Ce qui est mon cas.
    J'ai 21 ans, et suis née alors que mes parents étaient en instance de divorce. Lorsque ma mère a su qu'elle était enceinte, elle a tenté de retenir mon père, car elle voulait que sa fille grandisse aux cotés de ses deux parents. J'ai su tout cela lorsque j'avais 18 ans et j'ai pensé que je n'avais pas été désirée, ça m'a anéanti, car à ce moment, et bien avant, je souffrais déjà de l'absence de mon père.
    Il a quitté le domicile familial lorsque j'avais 7 ans. A cet age, on ne prend pas trop conscience des choses. Cependant, à l'age de 14 ans soit 7 ans après, mes parents se sont remis ensemble, et j'avais le sentiment d'être face à un étranger: mon père. Il était là juste physiquement. Je n'ai jamais eu de regard valorisant, de repères tout simplement. J'ai toujours cherché à le rendre fier, mais mes attentes n'ont jamais été comblées.
    C'est avec un vide immense qu'aujourd'hui je tente d'avancer.
    Mes relations amoureuses sont souvent compliquées, parce que je recherche inconsciemment des hommes peu démonstratifs,"inaccessibles", et je me lance le défi de les conquérir (comme en quête de l'amour de mon père). Je cherche tout simplement à réparer les failles de mon enfance, et j'en souffre quand je n'y parviens pas.

    J'espère pour toutes les autres, et pour moi même, que nous parviendrons à faire le deuil de la petite fille qui sommeille en nous.


    Annabelle

  • Bonjour,
    je reviens après quelques mois de silence ou j'ai pu lire sur cette page beaucoup de commentaires sur l'absence de nos pères.
    Depuis mon premier commentaire sur ce site j'ai beaucoup avancé, j'ai pardonné à mon père de ne plus vouloir être là pour moi et mes sœurs, on a tous nos raisons de vouloir disparaitre, mais ce n'est qu'en pardonnant qu'on peut avancer, j'ai compris ça toute seule, il me fallait juste du temps pour "tourner la page". Je ne dis pas que ce sera toujours simple, mais je pense que si mon père décide un jour de faire le premier pas il sera le bienvenue dans ma vie (peu importe maintenant les moments important qu'il a loupé).
    Je lis ici beaucoup de témoignages de jeunes femmes qui se laissent aller dans des relations compliquées avec des hommes, moi aussi j'ai cherché l'indifférence auprès d'un ou deux garçons et puis j'ai compris que ce n'était pas comme ça que ça irait mieux. Certes j'ai toujours besoin d'être rassurée, que le garçon avec lequel je suis ne m'abandonnera pas, mais je ne m'attache plus aux gens indifférent et solitaires, les beaux ténébreux comme les nommes ma mère (ceux qui m'attiraient quand j'étais plus jeune).

    Je vous souhaite à toutes de pouvoir avancer comme j'ai pu le faire, même si nos histoires sont toutes différentes notre point commun à été de souffrir pour la même raison. Il faut continuer d'en parler et essayer de positiver et vous dire que de toute façon on peut toujours se reconstruire et quand vous en serez à ce point vous verrez que même si l'absence demeure elle fait moins mal qu'avant...

    A bientôt
    Astrid

  • Bonjour,

    Je n'ai pu encore répondre aux dernier commentaires, et je vous prie de m'en excuser. La maladie a pris une bonne part de mon énergie. Mais je reprendrai le fil très prochainement.

    A propos de la maladie, mon dernier billet est ici: Cancer, réflexion 6 mois après l'opération.

    http://leshommeslibres.blogs.lalibre.be/archive/2010/07/22/cancer-reflexions-6-mois-apres-l-operation.html#more

  • Bonsoir,
    je viens de lire votre article et il m'a énormément touché car je n'ai pas connu mon père, il est décédé quand j'avais 2 ans et aujourd'hui j'ai 21 ans. Et disons que grâce à cette article, je comprend pourquoi mes relations avec les hommes sont parfois compliqué.
    Pourtant mon enfance a été joyeuse, ma mère était formidable d'ailleurs, elle est toujours, mais j'avais toujours cette partie de moi qui manquait, je me demandais pourquoi mon père n'était pas là et il est vrai que dans mes relations avec les hommes, je recherche ce père que je n'ai pas connu, car au final je ne sais pas ce que c'est l'amour d'un père. Donc voilà! encore merci pour cette article, je vous souhaite une bonne année

  • Je reviens après une absence pour raisons de santé. Cela a été plus long que prévu. Je poste un nouveau billet aujourd'hui et je vais prendre le temps de relire les témoignages auxquels je n'ai pas encore répondu. Merci de votre compréhension.

  • Je viens de lire votre texte et il m'a touché aussi... Depuis que j'ai 6 ans mon père est partie à «seulement» 2h d'où je suis. Bref, il n'est pas trop loin mais malgré cela, il ne se déplace pas pour qu'on ce voit, et prend jamais de nouvelles.
    J'ai bientôt 18 ans et cela va faire environ 4 ans que je ne l'ai pas vu. On c'est parlé récemment mais il me reprochait toujours quelque chose alors la communication ne sert pas à grand chose... Ce qui me déçois le plus, c'est qu'il n'est pas vraiment au courant de ce que je fais de ma vie, mes études, mes réussites, etc. Mais que les dernières fois que je lui ai parlé, il me racontait SA vie sans prendre de nouvelle de la mienne. En fait il m'a précisé qu'il allait consacrer sa vie à des choses positives, c'est à dire sa vie de couple...

    Alors voilà... l'article m'a vraiment touché, et j'ai bien vu que si j'ai parfois des problèmes à être en couple ou simplement de débuter une relation amicale avec un homme, c'est peut être la raison...

  • Bonjour, j'ai lu votre article et comme toutes ces jeunes femmes qui ont laissé un commentaire , je me suis reconnue dans cet article .
    Dans mon cas, c'est ma mère qui a fait partir mon père car il n'était intéressé que dans l'argent , les dépenses excessives, et surtout la nationalité Française qu'elle pouvait lui obtenir .
    Ma mère et moi ne parlons quasiment jamais de mon père et j'avoue que je ne me sens moi même pas à l'aise lorsqu'on parle de lui : je vois que ça la rend triste , donc je n'insiste pas .Cette situation a toujours été difficile pour moi , n'ayant jamais eue de figure paternelle .J'ai 18 ans, et dû à l'absence de mon père , j'ai du mal à être dans une relation avec un garçon : je n'ai pas confiance en moi , j'ai peur d'être trahie comme , d'une certaine manière , ma mère l'a été . Je n'ai aucun mal à me faire des amis du sexe opposé, mais c'est dans les relations amoureuses que je me débrouille mal .
    Il m'arrive de déprimer pour cela, et de regretter que mon père ne soit pas la pour me conseiller, et me soutenir .Pour moi, il est dur de comprendre la relation que peut avoir un père et sa fille.

  • Bonjour,
    à Cécile et Anne, ça fait du bien, je me sens moins seule.
    J'ai mis beaucoup de temps à comprendre que mes relations très compliquées avec les autres et avec les hommes en particulier, venaient de cette absence de mon père.
    La psychothérapie m'a beaucoup aidé à finir par le comprendre, à me l'avouer.
    Mais je pense que ce qui m'aide le plus à guérir, à combler cette absence, et en même temps à ne pas en vouloir sans cesse à mon père, c'est ma croyance en Dieu.
    Je suis maintenant catholique, et Dieu le Père, Lui, il t'aime et t'a toujours aimé.
    Je sais que ce type d'avis peut susciter des réactions très diverses, mais je vous assure, que de me tourner vers Dieu m'a beaucoup aidé.
    La foi, ce n'est pas toujours facile, mais prier chaque jour, 5 minutes avant de se coucher, ça change petit à petit beaucoup de choses au quotidien, et cette amour, au fur et à mesure tu le ressens à l'intérieur de toi, car Dieu nous aime et aide qui le demande.
    Au départ, je n'y croyais pas trop, mais c'était un peu le seul truc qui restait à essayer... et ça marche.
    ça a suscité en moi, qui a la base n'était pas très portée sur les religions, beaucoup d'interrogations.
    Voilà,
    ça coûte rien d'essayer...
    Sincèrement.

  • Tous ces témoignages me touchent beaucoup. En fait je n'ai pas vraiment quelque chose de plus à dire. Je suis heureux que cet article ait pu résonner et être utile ici. Et je dois dire que c'est ici, en Belgique, que je lis autant de témoignages sincères. Cela me touche à double titre: pour ce que chacune ici écrit, et parce que je suis d'origine belge.

    J'ai d'ailleurs posté un article il y a un an, sur mon blog à Genève, concernant la Mer du Nord:

    http://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2010/07/07/la-mer-du-nord.html

    Je ne veux pas m'imposer ou me substituer au travail personnel que chacune fait, à sa manière. Mais s'il y avait un souhait de partager cette question du père absent et des conséquences de vive voix, je peux venir une fois en Belgique et nous pourrions organiser une rencontre sur cette question.

    Mais peut-être que l'article et le partage qui se fait ici sur le blog suffisent.

    J'ai un roman qui vient d'être publié, si cela intéresse quelqu'une. Il ne traite pas précisément de la relation au père, bien qu'elle y apparaisse pour certains personnages. Il traite plus des relations hommes-femmes, de ce qu'il y a de beau et de fragile entre deux êtres. J'ai mis une information ici:

    http://www.goetelenjohn.ch/goetelenjohn.ch/roman_le_diable_en_ete_john_goetelen.html

  • Bonsoir. J'ai lu votre article et quelques commentaires et malheureusement je n'ai pas eu la totalité de réponses. Pour la part mon père n'a jamais été la je lai connu et quand jetais plus petite (aujourd'hui j'ai 20 ans ) j'ai essaye daller vers lui toujours des promesses dans le vide, des insultes très extrêmes, une indifférence envers moi. Il est très alcoolique et isolé. J'ai tenté plusieurs fois daller vers lui et lui, indifférent. 9 mois aujourd'hui sans nouvelle. Mes questions? Je veux être éducatrice spécialisée depuis petite et fais des études pour est ce que ça a joué? Et comment? Quelles sont les conséquences sur la vie amoureuse dune absence paternelle? Est ce
    Que la relation fusion elle maternelle est bonne ? Faut il abandonner l'espoir qu'il s'excuse de l'enfance qu'il la fait subir ou avancer et ne pas revenir? Quelles conséquences en général pour des filles sans père dans la vie de tous les jours ?

  • Bonsoir. J'ai lu votre article et quelques commentaires et malheureusement je n'ai pas eu la totalité de réponses. Pour la part mon père n'a jamais été la je lai connu et quand jetais plus petite (aujourd'hui j'ai 20 ans ) j'ai essaye daller vers lui toujours des promesses dans le vide, des insultes très extrêmes, une indifférence envers moi. Il est très alcoolique et isolé. J'ai tenté plusieurs fois daller vers lui et lui, indifférent. 9 mois aujourd'hui sans nouvelle. Mes questions? Je veux être éducatrice spécialisée depuis petite et fais des études pour est ce que ça a joué? Et comment? Quelles sont les conséquences sur la vie amoureuse dune absence paternelle? Est ce
    Que la relation fusion elle maternelle est bonne ? Faut il abandonner l'espoir qu'il s'excuse de l'enfance qu'il la fait subir ou avancer et ne pas revenir? Quelles conséquences en général pour des filles sans père dans la vie de tous les jours ?

  • Bonjour Gaelle,
    J'ai déjà témoigné deux fois sur ce site à propos de l'absence de père, n'ayant pas connu le mien disparu dans des circonstances extrêmement violentes. Je ne gère pas ce blog, mais je veux juste te témoigner ma solidarité face à ce problème que tu rencontres et tenter de répondre à quelques unes de tes questions.
    Que tu veuilles être éducatrice spécialisée depuis l'enfance, cela a-t-il un rapport avec l'absence de père ? Si tu étais un homme peut-être désirerais-tu apporter de l'affection masculine à des enfants, mais comme tu es une femme, je ne sais pas si la relation cause-effet est réellement pertinente, peut-être peut-on tout de même y lire le désir généreux d'aider des gamins parfois en détresse. Je serais sans doute en dehors des clous si je tâchais de répondre à cette question, ne te connaissant pas assez. Quoiqu'il en soit, c'est super que tu aies cet objectif dans la vie et je te souhaite bonne chance.
    Les conséquences de l'absence de père sur la vie d'une fille sont surtout visibles en ce qui concerne la vie affective ; cela peut aller du rejet et mépris de l'homme à la course effrénée, idéalisée et souvent vaine après un substitut. Rares sont celles qui s'en sortent indifférentes. Je crois que le mieux est dans ce cas de se faire accompagner par un psy.
    Les psy justement ont également fait des recherches sur les enfants victimes d'absence de père et beaucoup, comme Christiane Olivier (je te recommande vivement la lecture de "Les fils d'Oreste ou la question du père") y ont vu des relations avec la toxicomanie, la délinquance voire les pathologies borderline (même si cela reste très discuté). Bien sûr, le pire n'arrive pas forcément...
    Non, la relation fusionnelle mère-enfant n'est jamais bonne. C'est comme de vivre dans un régime dictatorial. Une parole d'elle, une dépression d'elle, et c'est toi qu'elle entrainera dans son naufrage. Pour ma part, j'ai mis certaines barrières entre ma mère et moi.
    Un père qui se comporte mal avec son enfant n'a selon moi pas d'excuse. Mais c'est à toi seule de décider si tu veux revoir le tien ou pas.
    Je suis désolée si je ne peux pas t'apporter plus Gaelle, quoi qu'il en soit reçois ici mes plus chaleureux encouragements.

    Marie (qui en a marre de souffrir).

  • J'ai lu pas mal de vos commentaires, je suis aussi très touchée par tout ça...
    Chaque histoire est différente, bien sur, mais c'est fou comme les mêmes causes produisent les mêmes effets...

    Mon père était présent physiquement mais je pense avoir occulté pendant longtemps son absence. Il travaillait beaucoup et s'isolait tous les soirs pour écrire, seul. Il a toujours dit qu'il en avait besoin.

    Dans ma petite enfance, j'ai beaucoup de beaux souvenirs, de rires, de merveilleux moments de vacances en famille. Je suis la cadette d'une famille de 3 enfants. Toujours très entourée de garçons dans ma famille, j'étais un peu garçon manqué, partageant les jeux de mon grand-frère. C'était un modèle, pour moi et dans l'admiration qu'avait mon père pour lui. Tout ce qu'il faisait était incroyable, mais je n'ai jamais été jalouse de lui et c'est une des personnes les plus importantes de ma vie. Quand mon père m'achetait des vêtements ou des chaussures, c'était toujours des affaires de garçons ou du moins très masculines. Ma mère m'achetait des robes, et compensait un peu cela. Elle a toujours été très tendre et très proche de moi. Je crois qu'elle était très proche de moi particulièrement, qui suis la seule fille, pour compenser l'attention et l'admiration que vouait mon père à mon grand-frère. Et je crois que c'est ici en premier que j'ai manqué d'un père, qui aide l'enfant à prendre confiance en lui.

    Ensuite, lorsque l'ai eu 6 ans, il a trompé ma mère et là ça a été très dur, j'ai vécu ça comme un abandon, je lui écrivais des lettres le soir avant de me coucher, lui faisait des dessins, peut-être parce que j'avais peur qu'il parte avec cette pute et qu'il nous abandonne, je voulais qu'il se rappelle qu'on était là.
    Un autre moment ou j'ai manqué d'un père, rassurant et protecteur.

    A l'adolescence, il était toujours adorable avec les autres enfants plus petits et qui ne faisaient pas parti de la famille (professeur d'art auprès de jeunes enfants). Mais je me disais toujours, c'est fou comme il a l'air d'aimer ces enfants là et comme il se préoccupe de se faire aimer d'eux alors qu'il ne s'intéresse pas à moi, et ne cherche pas mon affection.
    Il était très autoritaire et ne supportait pas qu'on ne le regarde plus avec nos yeux d'enfants admiratifs. Je me rappelle d'un été, je crois que c'était mon anniversaire, et on s'était disputé, je lui ai dit "pourquoi tu fais des préférences avec Alexandre (mon grand-frère) et il m'a répondu "comment veux-tu que je te préfères, tu ne fais rien pour..." Un autre abandon ?
    Bien sur, tout ça n'est pas physique mais les mots peuvent tellement heurter, et aujourd'hui plus de 12 ans après, j'ai toujours cette petite phrase en tête qu'il a osé me dire.

    Aujourd'hui, mon grand-frère est parti de la maison familiale et ne parle plus à mon père, j'ai aussi quitté le nid car ma relation avec mon père était trop conflictuelle, et mon petit frère qui vit toujours au milieu de deux parents qui ne communiquent plus, va plutôt mal... Je lui ai donné le numéro d'un CMP ou j'ai souhaité consulter l'année dernière car je n'arrive pas à avancer dans ma vie et à construire une relation avec un homme. Mais je n'ai pas été à l'aise avec la psy qu'ils m'ont proposé, je n'ai jamais voulu y retourner. Je n'arrive pas à en parler, à peine à l'écrire.

    Aujourd'hui mon père est là sans être là, vit dans l'appartement familial comme on viendrait à l'hôtel ne s'intéresse à personne qu'à lui-même, à viré ma mère de la chambre conjugale. Elle a donc aménagé dans mon ancienne chambre juste après mon départ. Il s'éloigne peu à peu, et aujourd'hui, je suis remplie de colère, je ne supporte pas la façon dont il parle à ma mère qui est trop sensible, je le vois le moins possible, mais reviens toujours chez mes parents pour voir mon petit-frère et ma mère surtout, et comme pour vérifier que tout va encore bien...
    Je suis inquiète pour l'avenir et incapable de me projeter.
    Quand je vois un papa prendre sa fille dans les bras, quand je vois une petite fille tenir la main de son père, le serrer fort contre elle, je n'arrive pas à retenir mes larmes.

    C'est marrant de voir comme les mêmes causes produisent les mêmes effets, chez des jeunes filles en manque d'un père, qui cherchent l'homme parfait, en vain bien sur !
    Dans la série "les mêmes causes produisent les mêmes effets", mon père n'a pas eu de modèle de famille, n'a pas été reconnu par son père et sa mère s'est remariée et a reconstruit une famille avec un homme qui battait mon père : l'enfant bâtard.
    Trop de déterminisme ! Einstein avait raison ! ;)

    C'est un gros pavé, je suis désolée, peut être que les plus courageux le liront jusqu'au bout, mais en tout cas je pense que ça m'a un peu libérée de l'écrire !

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